Le changement réel en éducation d’ici 2 ans? La démystification

My turn to add my two cents…

Sensibiliser, déstabiliser, démystifier. Accompagner, autonomiser, partager, bâtir.

(Inform, derail, demystify. Guide, empower, share, build.)

 

(Photo personnelle, Côtes d’Armor, France, 2010)

Tel est le continuum que je perçois nécessaire pour une transformation, une vraie, en éducation. Un continuum qui s’applique d’abord pour chaque intervenant et qui mène ultimement vers un point de bascule où les contraintes systémiques s’estomperont plus facilement à cause de leur non-pertinence à ce moment-là. Pour l’instant, ces contraintes restent ‘pertinentes’ dans le référentiel généralisé de ce qu’est l’éducation. En langage simple : ce qu’il faut pour penser ‘hors de la boîte’…

Chaque intervenant d’abord — oui, car comme le l’ai souvent répété depuis 15 ans maintenant, c’est à ce niveau que s’opère la transformation, durable, fondamentale. L’enseignant, la direction, les parents, la communauté et l’élève (le ‘métier’ d’élève à revoir, pas juste ‘faire l’école’).

Je vais tenter ici de situer chacun de ces verbes quant à leur spécificité et là où on en est. C’est une tentative de représentation (pas une recherche quantitative en bon ordre) de mes observations des dernières années sur le changement en éducation et, en toile de fond, l’impact des TIC sur celle-ci.

Sensibiliser –

C’est probablement là où la majorité des interventions se font présentement. Avec l’essor des réseaux sociaux, une augmentation importante de l’information et des points de vue se font entendre. Les grands médias couvrent amplement le sujet de la place des TIC à l’école, mais pas toujours complètement; identité numerique, cyberintimidation, coûts des technologies, projets pilotes, oui (et tant mieux ainsi), amplement, mais pas tellement sur l’avenir de l’éducation dans un monde hyperconnecté. L’école reste ‘école qu’on aura connu comme enfant. La sensibilisation se poursuit aussi à l’intérieur du système d’éducation, menant vers le prochain niveau…

Déstabiliser –

En prenant le temps de décrire les possibilités numériques pour apprendre, pour travailler, pour enseigner, j’ai pu constater à plusieurs reprises un certain sentiment de dépassement pédagogique chez des enseignants qui y voient une surcharge de possibilités (est-ce de la surcharge vraiment? J’en parle ici). De la surcharge vient un sentiment de dépassement, voire d’incrédulité parfois, mais en général, suivi de l’inévitable question : « Oui, mais comment? ». Cap sur le prochain niveau…

Démystifier –

Ahhh! Quelque chose de vital se passe ici. Discours des passionnés, dégagement d’un sens, d’une pertinence pédagogique… Des idées, une vision de ce que cela pourrait être dans sa classe, une compréhension qui commence à se construire de ce que peuvent apporter les TIC pour l’apprentissage, une réflexion sur les compétences pour contribuer à ce monde, son monde, au 21e siècle. On commence à saisir l’ampleur des possibilités mais aussi l’ampleur des défis, le poids des contraintes, la demande importante pour de la formation et de l’accompagnement. J’estime qu’au cours des deux prochaines années, c’est surtout ÇA qu’on verra dans les collèges, les écoles (un peu moins dans les universités, à mon avis).

– Point d’inflexion – (un concept emprunté au calcul différentiel en math et qui s’applique si bien en société)

Accompagner –

Même si déjà de multiples initiatives d’accompagnement (formations, wikis, communautés de pratique, CAP, etc.) parsèment le décor de l’éducation (au Canada et ailleurs), on va assister à davantage de demandes d’accompagnement dans l’effort de prise en charge personnelle de l’enseignant qui veut transformer, s’améliorer professionnellement; bref sortir de son isolement professionnel. Il sera davantage question de mettre en place des dispositifs innovants pour accompagner ‘dans le feu de l’action’; recherche-action, réseautage avec sa communauté d’intérêt (impact MAJEUR des médias sociaux, à mon avis. Un rendez-vous que les innovateurs, les ‘experts’ ne doivent pas manquer. Sinon, point de point de bascule!

Autonomiser – (empowerment)

L’oiseau qui bat de ses propres ailes, la personne qui apprend à pêcher, les métaphores sont nombreuses. Actualisation de sa pratique. Courage d’essayer des choses. Euphorie devant le succès, mesuré en terme de qualité des apprentissages. Se retrousser les manches devant les défis. Motivation intrinsèque car on y croit. Envie/besoin ensuite de…

Partager –

Développer et nourrir son blogue professionnel, partager sur Twitter et autres plateformes, affiliations dans son école, sa région et avec l’autre bout du monde avec des semblables en mouvement aussi. Célébration des succès et partage des défis et des embûches. Unisson des voix pour dénoncer le non-sens apparent (maintenant) des contraintes systémiques qui, il n’y a pas si longtemps, ne semblaient être que des balises acceptables dans l’esprit de l’enseignant, de la direction, des parents. Ça sent le point de bascule!

Bâtir –

Là où le ‘bottom-up’ rencontre le ‘top-down’, comme dit Michael Fullan. Là où les leaders, les décideurs et les autres agents de changement oseront une école ‘autre’. Là où l’on ne ‘voit’ plus l’éducation autrement, mais plutôt où l’on ‘vit’ l’éducation autrement.

On aura alors remit l’école à qui de droit.

About Jacques Cool


Biologiste (oui, oui) de formation, éducateur de carrière, je me passionne pour la technopédagogie. Je travaille au Ministère de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, au Nouveau-Brunswick. Je me sens de plus en plus envahi d'un sentiment d'urgence pour une école transformée, car le monde dans lequel on vit n'attend pas!

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4 Responses to Le changement réel en éducation d’ici 2 ans? La démystification

  1. Stephen Hurley March 24, 2012 at 6:34 am #

    Jacques, il ya quelque chose d’attrayant sur ​​un chemin de transformation. Il ya aussi quelque chose de séduisant à l’idée que c’est, d’abord, un voyage personnel à partir d’une «sensibilisation» à une reconstruction systémique de l’éducation. Ce type de vision met l’accent, et la responsabilité, sur les participants individuels et reconnaît l’importance de “buy-in” d’une masse critique de personnes. Le changement, dans ce point de vue, n’est pas quelque chose dans lequel nous sommes simplement traîné, mais quelque chose que nous aider à créer.

    Mes questions, cependant, ont à voir avec le rôle du système (je parle comme si le système a eu une vie de sa propre au-delà des individus au sein de celle-ci) en créant les conditions qui aideront à stimuler l’imagination individuelles aux possibilités que ainsi que les conditions qui empêchent même les plus passionnés d’entre nous de ne pas perdre espoir ou consultez le changement souhaité comme quelque chose qui aura lieu «un jour».

    Votre message a suscité de nombreuses questions dans mon esprit. Je pense qu’un poste en réponse est dans l’ordre. Jusque-là, je vais laisser cela à une question avec vous!

  2. Stephen Hurley March 24, 2012 at 6:35 am #

    Jacques, there is something attractive about a transformational path. There is also something appealing about the idea that this is, at first, a personal journey from a “awareness” to a systemic reconstruction of the education. This type of vision places the emphasis, and the responsibility, on individual participants and recognizes the importance of “buy-in” of a critical mass of people. Change, in this view, is not something into which we are merely dragged, but something that we help to create.

    My questions, however, have to do with the role of the system (I’m talking as if the system had a life of its own beyond the individuals within it) in creating the conditions that will help to spark individual imaginations to the possibilities as well as the conditions that prevent even the most passionate among us not to lose hope or see the desired change as something that will take place “someday”.

    Your post has sparked many questions in my mind. I think that a post in response is in order. Until then, I will leave that one question with you!

  3. Jacques Cool March 25, 2012 at 9:13 pm #

    Thanks Stephen for the comments. Ahhh, the system… A mind of its own, the nature of the beast, and other metaphors. Comprised of individuals, it thus becomes a matter of high-level leadership within the system (DoE, Districts, teacher unions, Faculties of education, Boards of education, school principals) for change to be able to happen.

    Gandhi was so right: be the change you want to see. I truly believe individuals who hold important responsabilities within the system can contribute directly to catalyze, promote, articulate the vision, adress specific challenges, propose innovative solutions, monitor, persevere, affiliate, collaborate, celebrate successes, and lead the charge for transformative and durable change. The key turntable for change? School principals! Their title says it all.

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